Didier Dubasque
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« Aide-Budget » un nouveau dispositif / Des travailleuses sociales épuisées comme jamais / OSEE avec ATD Quart Monde

Surendettement : un nouveau dispositif va être testé dans onze départements

Le gouvernement a annoncé le 27 février dernier le lancement d’un nouveau dispositif qui doit permettre de repérer les difficultés très en amont. Appelé « Aide-budget », il va être expérimenté durant un an, sur onze départements : Bas-Rhin, Côtes-d’Armor, Dordogne, Hérault, Haute-Savoie, Isère, Nord, Paris, Seine-Saint-Denis, Seine-Maritime et à la Réunion. Aline Gérard explique dans Ouest-France les objectifs de cette action. 

Ce dispositif – un de plus – a pour ambition de s’adresser aux personnes avant qu’elles ne soient endettées. L’idée est de s’appuyer sur les principaux fournisseurs d’énergie (EDF, Engie et TotalEnergies…) et bailleurs sociaux ainsi que sur le réseau des Points conseils budget (PCB, des associations labellisées).  Elles pourront engager un repérage précoce des difficultés des personnes et des familles qui rencontrent des difficultés. Il s’agit d’être plus proactif. Il est aussi question dans un deuxième temps d’inclure des banques dans le partenariat.

La journaliste rappelle que le surendettement des ménages a enregistré une baisse de 7 % en 2022. Environ 113.000 dossiers ont été déposés au cours de l’année, selon les données de la Banque de France. La chute est même approximativement de 37 % depuis 2017.

Cette information appelle plusieurs commentaires et questions :

  1. Une baisse des demandes de dossiers de surendettement ne veut pas dire qu’il y a moins de personnes qui ont des dettes. Cela veut dire qu’il y a moins de personnes qui font appel à ce dispositif. Pourquoi ? Rappelons que la démarche comme pour les autres se fait désormais en ligne.
  2. Certes il est intéressant d’agir de façon préventive. Mais quelles sont les garanties éthiques quant au croisement des informations entre les différentes structures et administrations ? Qu’en pensent les personnes concernées ? Sont elles informées, en amont, par un des partenaires du dispositif  ?
  3. Les associations représentant les personnes pauvres et les familles ont-elles été associées au montage de ce dispositif ? En effet, les services de l’État défendent d’idée d’associer et de prendre en compte la parole des usagers. Ce sont des citoyens qui ont leur avis à donner. « Ce qui se fait pour moi, sans moi, se fait contre moi », rappelait récemment un militant d’ATD Quart Monde.

 

 


Épuisement «incomparable» chez les travailleuses sociales

Cet article du journal Le Devoir nous décrit une situation intenable pour les travailleuses sociales du Québec. Il est à craindre que la réalité soit assez similaire en France. Les travailleuses sociales du réseau public au Québec font face à un niveau d’épuisement sans précédent, Pour 3 raisons principales. 1. Elles sont confronté à un dilemme éthique permanent.  2. Elles sont sous pression constante. 3. Il y a un manque de personnel et de ressources disponibles.

Ces facteurs ont été mis en évidence dans une étude menée par Mélanie Bourque et ses collègues auprès d’une soixantaine de travailleuses sociales au cours de l’année 2022. Mélanie Bourque, professeure titulaire au Département de travail social de l’Université du Québec (UQO) a précisé a Florence Morin-Martel correspondante parlementaire, que les résultats préliminaires de l’étude restent à publier.

Le dilemme éthique se traduit par l’écart qui existe entre les attentes de leurs employeurs et les besoins de leurs clients (terme utilisé au Québec). Ce qui peut les amener à devoir choisir entre les deux. Plusieurs professionnelles dénoncent le fait d’être mises en concurrence les unes avec les autres par leurs supérieurs, raconte la chercheuse principale de l’étude. « On leur dit : “Comment se fait-il que ta collègue soit plus performante et fasse plus d’entrevues que toi par jour ?” C’est une pression incroyable sur les intervenants. » D’autant que la détresse humaine est difficilement quantifiable, note-t-elle. (lire l’article du Devoir)

 


[Dossier] Travail social : OSEE veut élargir les profils

Depuis 2020, ATD Quart Monde a lancé une expérimentation intitulée OSEE (Osons les savoirs de l’expérience de l’exclusion). Elle est destinée à des personnes ayant une expérience vécue de précarité, investies dans des associations. Cette formation pré-qualifiante vise à professionnaliser les stagiaires dans les domaines de l’intervention sociale, de l’animation et de la petite enfance. Le mouvement envisage de poursuivre le développement de cette expérimentation.

Les stagiaires ont été invités à réfléchir sur leur évolution personnelle et professionnelle après une année de formation. Certains d’entre eux bénéficieront de cours personnalisés dans les prochains mois pour les aider à se préparer aux formations qualifiantes dans le domaine social. L’objectif de cette année de formation était d’apprendre aux stagiaires à valoriser leurs compétences acquises grâce à leurs expériences de vie et de leurs engagements associatifs, tout en leur permettant de se mettre à niveau et de mieux connaître les métiers qu’ils souhaitent exercer.

Des groupes de travail vont désormais être créés, avec notamment des organismes de formation en travail social, des associations, des centres sociaux et des stagiaires. L’objectif est « d’écrire des préconisations et une charte d’éthique sur les points clés, pour permettre à d’autres de s’emparer du projet », explique Éric Bourcier, co-pilote de l’expérimentation. Des réflexions vont également être menées dans plusieurs territoires qui pourraient déjà être intéressés. « Les organismes de formation ont vu la richesse de l’expérience de vie et d’engagement des stagiaires et comment cela peut profiter au travail social » explique-t-il. (lire l’article d’ATD Quart Monde)

 


Alerte pour les ASS

Un groupe de travail autour du Bachelor Carrières Sociales parcours Assistance Sociale (BUT AS)

C’est un appel aux futurs étudiants : attention à votre orientation via Parcours Sup prévient l’ANAS. Un BUT AS n’est pas un diplôme permettant d’exercer la profession d’Assistant Social alors que le terme utilisé pourrait laisser le croire. Un Bachelor «Assistance Sociale» ne sera jamais un équivalent du Diplôme d’État d’Assistant de Service Social, seul diplôme permettant d’exercer la profession d’Assistant de Service Social.

Ce diplôme vient créer de la confusion auprès des étudiants et des professionnels. Il est indispensable de bien se renseigner. Afin d’interroger le développement de cette formation, un groupe de travail s’est constitué au sein de l’ANAS. Un visuel est à votre disposition pour alerter les futurs étudiants (lire l’article et télécharger le fichier)

alerte anas

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser

Photo créée par frimufilms – fr.freepik.com

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