8 conseils avant d'être auditionné par un officier de police judiciaire ou de gendarmerie…

J’ai accompagné hier matin une collègue assistante sociale qui était convoquée en tant que témoin dans une enquête de flagrance concernant  une grave accusation. C’est l’occasion de vous proposer à nouveau cet article publié il y a plus d’un an mais qui reste bien d’actualité. L’audition d’un travailleur social par un officier de police judiciaire n’est pas un acte anodin. Il est nécessaire de s’y préparer afin de pouvoir se positionner et répondre dans de bonnes conditions. Voici l’essentiel de ce qu’il faut préparer… 

Vous avez à bien comprendre le cadre de vote intervention. Afin de  mieux vous repérer lors d’une audition, il vous sera très utile de consulter le site de Laurent Puech qui traite du secret professionnel.

Voici  en outre quelques conseils et pratiques à mettre en oeuvre lors d’une audition :

 – 1. Bien situer le cadre de son intervention. Dans la plupart des cas votre travail se situe dans une mission de service public et il est toujours utile de le préciser. Cela veut dire que vous vous positionnez en tant que professionnel même si c’est vous en tant que personne qui êtes convoqué.

– 2. Indiquer si vous êtes soumis ou non au secret professionnel,  des conditions de sa levée si vous y êtes soumis. Il ne s’agit pas d’opposer le secret professionnel sans expliquer ce qui le légitime. Il reste important de bien préciser que si vous donnez des informations relevant du secret, vous pouvez vous même être poursuivie par la personne concernée par les informations transmises. Ce n’est pas une opinion, c’est un fait établi.

– 3. Rappeler que l’on est pas seule que vous travaillez dans le cadre d’un service et que les transmissions d’information sont généralement validées par l’encadrement ou un conseiller technique (si cela est le cas pour vous). Dès lors qu’une information relève de la protection de l’enfance ou d’adultes vulnérable. Expliquez à cette occasion comment vous travaillez avec les personnes et comment sont organisées les informations les concernant au sein de votre service.

– 4. Eviter toute attitude pouvant être interprétée comme une tentative d’obstruction . Vous avez en face de vous un agent de la fonction publique qui a, comme vous, une mission à assurer. C’est pourquoi les éléments qui rappelle vos missions sont tout à fait compréhensible par le professionnel qui vous interroge car il se trouve dans la même situation que vous sauf que sa mission est différente. Vous respectez son travail et vous attendez de lui qu’il en fasse de même à votre égard, ce qui est très majoritairement le cas.

– 5. Rappeler que certains éléments font appel à votre mémoire uniquement : si les questions remontent à plusieurs mois ou années : Ne pas hésiter à indiquer que l’on ne se souvient pas précisément de tout ce qui a pu être dit ou entendu : se référer aux notes prises par le passé et ne pas aller au delà. Préciser le nombre de dossiers suivis pour expliquer l’impossibilité de se rappeler de tout d’autant plus  si les faits sont anciens.

– 6. Garder une attitude calme posée, dans le cadre d’une relation d’adulte à adulte. Ne pas précipiter ses réponses, prendre le temps de réfléchir avant de répondre. C’est un face à face, vous avez votre temps. Les gestes et attitudes sont parfois aussi important que les paroles.

– 7. bien relire le PV d’audition et ne pas hésiter à faire changer un mot ou une phrase si elle vous parait  ambiguë ou peut être interprétée.  Le signer. Si l’officier de police judiciaire ne vous le fait pas signer, cela veut plutôt dire qu’il ne retient pas dans votre témoignage de faits suffisamment utiles pour son enquête.

– 8. reprendre dès l’audition terminée par écrit tout le contenu de l’entretien afin d’en garder une trace la plus proche de ce qui a été dit et écrit. Ceci est important car vous ne disposez pas du double de ce que vous avez indiqué. Il s’agit donc de garder une trace avec vous de vos déclarations. Ainsi si un procès est engagé plusieurs mois après cette audition vous retrouverez ce que vous aviez déclaré à l’époque et pourrez vous référer à vos notes. Cet exercice qui vise à rédiger in extenso le contenu de l’entretien avec une collègue ou votre encadrement vous aide à prendre de la distance, de ne pas rester uniquement sur des « impressions »  mais bien sur ce qui a été dit. La mémoire nous joue des tours : cet exercice se fait plutôt à 2 : votre interlocuteur rédige ce que vous lui dites et vous dites ce dont vous vous rappelez…

Bien sûr il n’existe pas de recette miracle et chaque audition  est particulière mais prendre en compte ces éléments ne peut que vous aider à mieux vous positionner professionnellement.

photo : audition de témoin de la brigade des familles (extrait du film vidéo gendarmerie nationale)

Partager

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Articles liés :

3 réponses

  1. Je serais auditionné tout a l’heure pour escroquerie pour une affaire ou j’ai fait juste fait la décharge des pieces pour le voyage contre une somme conclu entre les parties ! Et le concerné me porte plainte apres etre rapatrillé pendant son voyage car n’ayant pas repondu au question des service de l emi imagration de son pays d accueil! J’ai besoin de vos conseil pour mon audition

  2. Bonjour, c’est un excellent article concernant l’audition. Étant moi-même officier de police judiciaire j’ai quand même quelques point à preciser:
    – si vous êtes entendu librement en tant que « mise en cause » vous avez le droit de connaitre les raisons de cette audition… Si elles ne sont pas claires pour vous demander lui de vous expliquer.
    – si vous entendu en tant que « témoin » dans une enquête. Ne dites que ce que vous avez vu personnellement ! Et pas des « on dit ». Cela peut nuire à l’enquête et vous pouvez avoir des problèmes.
    – en général, que vous soyez « témoin » ou « mise en cause » l’enquêteur est la pour comprendre et non pour vous enfoncer! Il est primordial de rester calme même avec les tentatives de déstabilisation pour vérifier dans votre comportement la véracité de vos déclarations.
    Je peux comprendre un me personne stressée mais pas une personne arrogante ou sur la défensive.
    Voilà ma petite contribution
    bonne journée
    droitpenal.net

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :