700 enfants à la rue : et alors ? / L’ascenseur social est en panne / L’économie sociale et solidaire en perte de vitesse…

700 enfants à la rue : et alors ?

Derrière l’humour et la raillerie, la magie de Guillaume Meurice permet de dénoncer l’insupportable.. Il officie sur France Inter dans l’émission « Par Jupiter ! ». Son intervention est composée de micros-trottoirs caustiques et roboratifs. « On me dit souvent que mes interviews sont caricaturales, on me demande où je vais chercher mes interlocuteurs. Mais ils sont partout, et puis c’est mon métier d’être caricatural ! » affirme-t-il.

Ce jour-là, (le 20 novembre dernier),  sa stagiaire de troisième de l’an passé est revenue, pour en tant qu’« enfant » pour commémorer la journée du 19 novembre dédiée à ses droits. En fait, Juliette lui a volé le micro pour se rendre à l’Assemblée Nationale et interroger les députés sur leurs actions en faveur du relogement des enfants des rues. L’impuissance des politiques interrogés éclate au grand jour, leur langue de bois s’affiche en direct. Chacun pourra juger comme il se doit ce qu’il entend notamment lorsque certains élus s’en prennent à la jeune Juliette âgée de 14 ans.. « Et vous que faites vous ? »

L’ascenseur social est en panne

La Fondation Jean Jaurès le met en évidence : la France détient le record du lien entre l’origine sociale et le niveau scolaire. Quand on a entre 17 et 23 ans, les déterminismes géographique et socio-professionnel de sa famille pèse sur sa réussite à l’école. Loin du mythe de la méritocratie républicaine ce n’est donc pas l’effort qui paie, mais le milieu dont on est issu. « Les enfants d’ouvriers sont deux fois moins souvent diplômés du supérieur que les enfants de cadres » savait-on depuis longtemps.

On pensait qu’avec la démocratisation scolaire, le plafond de verre s’était progressivement dissous. Il n’en est rien. Une étude de l’OCDE en date de 2018 établit qu’au Danemark, il faut deux générations « pour que les descendants de familles modestes atteignent le revenu moyen ». Notre pays se situe en avant-dernière position dans le classement, nécessitant six générations. « Le taux de chômage des diplômés des quartiers, ayant un bac + 2 et plus, est presque trois fois supérieur à la moyenne nationale » affirme un rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville publié en 2016. L’ascenseur social est bel et bien bloqué. Les « premiers de cordée » ne sont pas prêts de se laisser rattraper.  (lire l’article de la Fondation Jaurès)

L’Économie sociale et Solidaire en perte de vitesse

Avec 16 000 emplois supprimés en 2017 et 2018, l’économie sociale et solidaire a été l’une des principales victimes des politiques publiques de réduction de l’État social. Pourtant, entre 2010 et 2016, ce secteur a créé 87 200 emplois, soit 25 % du solde net dans le secteur privé. « La réduction des contrats aidés a fait baisser le nombre d’embauches de 71 % par rapport à 2016, les différentes réformes fiscales ont également réduit les dons de 4 % en 2018 et la réforme territoriale ainsi que la contraction des finances publiques ont directement impacté le secteur» » affirme l’Observatoire national de l’ESS.

Principaux domaines concernés : l’aide à domicile, du sport et de la culture et dans l’hébergement-restauration. Proposition de différents acteurs de l’ESS pour répondre à cette dégradation : créer un crédit d’impôt à l’innovation sociale (CIIS), en extension du crédit impôt recherche (CIR) pour les structures à but non lucratif, à l’image du crédit d’impôt innovation. Ce que n’a pas retenu le Projet de loi de finances 2020. (lire l’article de nov’éthic)

et aussi

Violences contre les femmes handicapées : le devoir de vigilance des professionnels

Longtemps dissimulées sous le terme de « maltraitance », les violences contre les femmes en situation de handicap investissent timidement le débat public. Le conseil départemental de Loire-Atlantique y a consacré une journée d’étude, le 3 décembre. L’occasion pour les professionnels de partager leurs expériences. La journaliste Diane Poupeau du média social revient sur cette journée.

« l’ampleur du phénomène est exceptionnelle, bien que les statistiques précises et récentes manquent. Tout au plus sait-on, grâce à une résolution du Parlement européen de 2007, que 80 % des femmes en situation de handicap sont victimes de violences psychologique et physique ». …/… « Le handicap rend plus difficile l’identification des situations de violences. « Ces femmes ont une tolérance à la violence et à la souffrance plus forte que les autres », explique ainsi Claire Desaint » (lire l’article de fond du média social)

 

Cette revue de presse a été rédigée par Tom Léducspé, mon collègue qui me donne un coup de main 

Photo : capture d’écran de la vidéo de Guillaume Meurice avec sa stagiaire Juliette sur France Inter

 

 

 

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