5 idées reçues sur les femmes et l’alcool, cette drogue pas comme les autres (2)

Plusieurs médias se penchent actuellement sur l’alcoolisme des femmes. Un sujet qui mérite que l’on s’y arrête car de nombreux travailleurs sociaux sont confrontés à cette réalité même si le sujet reste encore tabou. L’alcool, outre le plaisir immédiat qu’il procure, est aussi un antidépresseur éphémère qui peut conduire celles et ceux qui boivent occasionnellement à en consommer de plus en plus sans pouvoir se dégager de cette emprise.

L’alcoolisme féminin est devenu un «problème majeur » en France. Il concerne souvent un public « instruit » et «très diplômé » nous explique Charles Delouche-Bertolasi journaliste à Libération. Il rappelle d’abord que deux femmes journalistes ont fait le récit de leur combat pour arrêter l’alcool : Stéphanie Braquehais qui a publié « Jour zéro » (l’Iconoclaste) et Claire Touzard qui a écrit « Sans alcool, le jour où j’ai arrêté de boire » (Flammarion).

«Les femmes qui ont des problèmes d’alcool ne sont pas celles que l’on croit».

La dépendance des femmes est un sujet spécifique selon Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre et addictologue. Présidente fondatrice de l’association Addict’elles, elle est l’auteure de les Femmes face à l’alcool : résister et s’en sortir (Odile Jacob) publié en 2010.

Le site madmoizelle.com apporte le témoignage de Fanny : « Comme trop d’étudiantes, je suis devenue alcoolique (et démunie face à cette addiction) » dit-elle. Les chiffres de la rentrée l’ont prouvé explique le magazine, les étudiants et étudiantes, population déjà relativement précaire avant la crise sanitaire, ont vu leur situation s’aggraver. Pour

« Le contexte de l’épidémie a accentué les risques de conduites addictives chez les étudiants comme pour la population globale » explique Fanny Sarkissian hargée de mission pour la Fédération des Associations Générales Étudiantes (FAGE).  « Entre les pertes de revenus salariés, la rupture numérique qui entraîne des risques de décrochage, et l’isolement social lié aux confinements et aux couvre-feux, les situations de stress s’accentuent, et avec elles la propension à consommer de l’alcool pour se calmer ».

5 idées reçues sur les femmes et l’alcool

De son côté le magazine Femme Actuelle a répertorié ces fausses affirmations que je reprends ici :

  1. L’alcoolisme est un problème d’homme : Faux Dans les consultations en alcoologie, on enregistrait une femme pour 4 hommes il y a 15 ans, contre 1 femme pour 3 hommes aujourd’hui.
  2. Boire tous les jours n’est pas forcément nocif : Faux. Selon Santé publique France, les seuils de risque sont atteints par une consommation de 10 verres d’alcool par semaine (avec pour les femmes un risque accru de cancer du sein)
  3. L’alcool fait grossir : Vrai. Ses calories se transforment en sucre stocké sous forme de graisses.
  4. Le whisky est plus fort que la bière : Faux. C’est une question de quantité. Les doses standard servies dans les cafés (2,5 cl de whisky à 40°, 25 cl de bière à 5° ou 10 cl de vin à 12°) correspondent toutes à 10 gr d’alcool pur.
  5. L’alcoolisme féminin reste un sujet tabou. : Vrai. L’alcoolisme féminin reste encore un tabou, avec une réprobation sociale plus importante que pour les hommes.

L’alcoolisme féminin est souvent caché plus profondément. La femme a plus facilement honte de sa dépendance et il lui est très difficile d’en parler à cause du jugement social que cela provoque. Comme de nombreuses collègues, j’ai accompagné des femmes victimes d’alcoolisme vers des soins. Le déni est plus difficile à surmonter que pour les hommes qui, quant à eux, associent souvent leur consommation d’alcool à une forme de virilité et de force, ce qui n’arrange rien bien évidemment.

 

 

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