Revalorisation des travailleurs médico-sociaux : inquiète, l’UNIOPSS dresse la liste des professionnels oubliés

Le Média Social s’est fait l’écho du courrier de l’Uniopss adressée le 26 avril dernier au premier ministre Jean Castex. L’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux exprime « ses inquiétudes au sujet de la liste présentée aux partenaires sociaux le 8 avril dernier, concernant les professionnels éligibles à la revalorisation salariale de 183 euros net ».

« Les associations nous ont déjà fait remonter des alertes à propos de cette liste, qui fait naître un doute sur les salariés concernés et laisse toujours de côté certains professionnels ». Autres difficultés soulignées, des problématiques observées et non résolues dans la mise en œuvre des revalorisations déjà actées dans le cadre du Ségur de la santé, des accords Laforcade et également de l’avenant 43 pour l’aide à domicile.

Éviter de générer des «inégalités et des frustrations»

L’UNIOPSS a ainsi établi une liste des Oubliés du Ségur tout en attirant aussi l’attention sur les personnels qui travaillent à temps partiels dans des établissements différents. C’est une liste non exhaustive, mais conséquente au regard de la diversité des métiers et des professionnels des associations à but non lucratif. Cela montre aussi combien le secteur est éclaté entre professions, missions et fonctions. Qui fait alors partie des oubliés ?

  • Tout le personnel travaillant avec les équipes soignantes et éducatives, les accompagnants éducatifs et sociaux (AES), les assistants familiaux, les intervenants socio-judiciaires, les salariés de la petite enfance ne travaillant pas dans les établissements sociaux et médico-sociaux, les professeurs et intervenants spécialisés qui ne dépendent pas de l’Éducation Nationale, les formateurs en centre de rééducation professionnelle, les services généraux, agents d’entretien, lingères, cuisiniers, le personnel administratif et logistique, les chefs de service, les directeurs, les postes de la direction générale (avec un différentiel de rémunération chef de service / direction adjointe qui va devenir quasi nul), etc.
  • Les infirmiers intervenant dans les secteurs de l’exclusion – précarité (actions fiancées via des CPOM, sur des crédits de l’ARS) devaient percevoir cette revalorisation… Or à ce jour, les infirmiers de ces associations (équipe mobile santé globale, médiation santé migrants, suivi sanitaire covid, …) ne sont pas éligibles à cette revalorisation.
  • Les salariés de plus d’une centaine de Centres de Soins Infirmier -CSI-  (ceux dont les gestionnaires appliquent une autre convention collective et de nombreux centres de santé polyvalents dans lesquels exercent des infirmières dans les mêmes fonctions) ne semblent pas concernés par ces revalorisations. Or, ils le devraient.
  • Les « encadrants éducatifs de nuit (y compris les maîtres et maîtresses de maison, surveillants de nuit qualifiés exerçant les fonctions d’encadrants éducatifs de nuit) ». Faut-il comprendre que seules les maitresses et maîtres de maison, surveillants qualifiés intervenant de nuit sont éligibles à la revalorisation ? Ou au contraire, l’ensemble de la profession est-elle éligible sans tenir compte des modalités d’intervention ? interroge le président de l’Uniopss Patrick Doutreligne.

 

Il faut revaloriser tous les professionnels

On le voit, le problème est loin d’être résolu dans le secteur associatif. L’UNIOPSS demande en conséquence que « toutes les revalorisations concernent tous les professionnels, indépendamment du métier et du secteur ». Bien évidemment, cela fait du monde, mais peut-il en être autrement ?

Oublier ces professionnels serait une atteinte au principe d’égalité de traitement et provoquera des désaffections dans certains secteurs. Les structures qui ont bien du mal à recruter n’ont pas besoin de cela. Elles s’interrogent aussi sur le financement d’une telle augmentation qu’elles ne pourront pas porter, étant elles-mêmes placées sous contraintes budgétaires de la part de leurs financeurs.

Bref, le secteur associatif n’est pas sorti de l’auberge. Il va falloir à nouveau négocier et/ou manifester… À moins que de nouvelles réponses soient apportées rapidement.

(lire la lettre de l’UNIOPSS) (en lire l’essentiel dans le Média Social)

 

 

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La sélection des articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre. Merci à elle

Photo créée par wayhomestudio – fr.freepik.com

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Une réponse

  1. Bonjour,
    Et les professionnel.l.e.s qui forment les futurs travailleurs sociaux, dans les écoles de formation : formateurs, cadres pédagogiques, assistant.e.s à la pédagogie, ou administratifs, documentalistes, services informatiques, généraux etc…
    Emile

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