Défaut de passe sanitaire : l’État « incohérent » / Protection de l’enfance : l’avis de Claire Hédon et « la chance d’être entourée »

Droit au RSA des personnes avec défaut de passe sanitaire : l’ADF souligne les incohérences de l’État

Dans un communiqué l’Association des Départements de France (ADF) explique pourquoi l’État n’est pas cohérent dans sa décision d’octroyer le RSA aux personnes dont le de contrat de travail est suspendu pour défaut de passe sanitaire. Outre le fait que ces élus n’aient pas été associés face à cette décision, pourquoi ne pas avoir recours aux indemnités chômage ? demande l’association.

Le président de l’ADF, François Sauvadet, s’en explique : « avant d’envisager d’ouvrir  des droits au RSA, il convient de se pencher sur les droits de ces salariés à prétendre au bénéfice de leurs indemnités chômage. De deux choses l’une : 

  • soit on part du principe qu’en refusant le  protocole sanitaire actuellement en vigueur, ces salariés se sont placés dans une situation qui leur fait  perdre tout droit au chômage et il n’y a, par conséquent, aucune raison que cette situation leur ouvre des droits au RSA,
  • soit on considère que le refus de se conformer à ces prescriptions qui s’appliquent à certains salariés, mais pas à tous (en sont notamment exemptés les enseignants et les forces de l’ordre) n’emporte pas perte des droits et l’on en tire les conséquences».

 

L’ADF parle de « bricolage de dernière minute, dans la mesure où cette question s’est posée dès la mise en œuvre du passe sanitaire ». « Le message envoyé est détestable » résume François Sauvadet. « Il laisse croire que le RSA est un revenu de substitution déblocable sans contrepartie. Une très large majorité des Départements
comme des Français sont hostiles à cette conception du droit sans devoir. Le droit à être aidé lorsque les choses se passent mal est un juste droit, mais il ne peut être dissocié de celui de tout faire pour se sortir de cette situation… » (lire le communiqué de l’Association des Départements de France)

 


La Défenseure des droits critique à nouveau le projet de loi relatif à la protection des enfants

Le site en ligne weka.fr reprend les propos de la Défenseure des Droits qui a publié le 15 octobre dernier un nouvel avis circonstancié sur le nouveau projet de loi  relatif à la protection de l’enfance. Claire Hédon constate que « les délais très serrés dans lesquels ce texte a été présenté en première lecture à l’Assemblée Nationale, n’a pas permis cette analyse, ce qui est regrettable, comme l’est le choix d’un passage en procédure accélérée, alors même qu’aucun caractère d’urgence ne le justifie. Ceci ne peut que nuire à un débat démocratique d’ampleur, pourtant essentiel sur cette question » écrit-elle.

Elle s’interroge aussi sur la place, dans un projet de loi qui se réclame de la protection des enfants, de certaines dispositions relatives aux Mineurs Non Accompagnés. Elle insiste aussi sur l’importance du travail avec les familles en amont du  placement des enfants. Elle souhaite à cet égard, appeler à un net renforcement des structures de prise en charge parentale, tels les centres parentaux qui malgré les annonces gouvernementales tardent à venir (lire l’article de weka.fr) (lire l’avis de la défenseure des droits)

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Aide sociale à l’enfance : « J’ai la chance d’être entourée pour devenir adulte »

Faut-il le rappeler ? Il n’y a pas que des situations dramatiques à l’ASE. Saluons l’excellente initiative du Département du Nord qui donne la parole à une jeune femme de 20 ans Amélie Mouille, qui vient d’obtenir un contrat d’apprentissage en CAP cuisine.

« J’ai été confiée très jeune aux services de l’aide sociale à l’enfance » explique-t-elle. « L’assistante familiale chez qui je vis aujourd’hui m’aide beaucoup dans toutes mes démarches, comme ma référente sociale. Elle m’apprend à gérer mon stress et à prendre confiance »

Aujourd’hui, jeune majeure elle bénéficie d’un soutien par le biais d’un dispositif baptisé EVA : Entrée dans la Vie Adulte. Son « coach » s’appelle Adrien. Je suis surpris de ce terme utilisé par le Département « coaching » ne veut pas dire accompagnement ? et Job dating rencontres pour l’emploi ? (lire l’article de Nord-Info)

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  • Hérault. Enfant placé : un jeune majeur témoigne | actu.fr : Reda témoigne et c’est une façon, pour lui, de prouver qu’il n’y a « pas que des mauvaises familles à l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) », un service du Département de l’Hérault. Tout au long de son parcours, il a également connu plusieurs éducateurs, dont certains l’ont marqué.

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci !

Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser

 

Photo : François Sauvadet sur Public Sénat (capture d’écran) : « « Les départements ne sont pas les sous-traitants de l’Etat » prévient le président de l’ADF (émission diffusée le 07 octobre 2021)

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2 réponses

  1. Coaching d’une jeune adulte dans le cadre de la protection l’enfance ???
    Merci a toi Didier de soulever cette question. Nous repérons à nouveau combien la « novlangue managériale » (Agnès VANDEVELDE-ROUGALE, ERES, 2017) a pénétré le secteur du travail social. Plus qu’un seul accompagnement éducatif et social au sens où nous l’entendons, d’autres stratégies sont à l’oeuvre, avec les termes du moment : amélioration des compétences et de la performance d’un individu, d’un groupe ou d’une organisation, l’optimisation des processus et des méthodes d’organisation et de contrôle… On comprend ici que le coach est en mesure de remplacer le travailleur social pour initier et préparer la jeune personne à cet univers néolibéral : un formatage humain pour satisfaire un courant d’idée dont nous savons qu’il n’est pas à terme bénéficiaire aux publics en difficulté.

    1. Merci Gilles pour ton commentaire fort à propos, je n’aurais pas dit mieux. La novlangue du management m’amuse beaucoup, mais m’agace parfois tant les termes sont porteurs de sens cachés et souvent inconscients de la part de ceux qui les prononcent. Didier

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