La crise sanitaire vue du service social / Les effectifs sociaux des Départements n’augmentent pas / Famille d’accueil en PJJ

La crise sanitaire du point de vue du Service Social pendant le premier « confinement »

L’ANAS vient de publier un témoignage très éclairant. Celui du travail d’une assistante sociale polyvalente de secteur prénommée Lauluca. Son quotidien lors du premier confinement à de quoi rappeler dans quelles conditions interviennent les assistant(e)es de service social avec les demandes auxquelles ils et elles ont eu à répondre.

« J’ai une dette d’électricité et je peux pas payer, est-ce que je pourrais avoir une aide ? » ; « Je n’ai pas d’imprimante pour imprimer l’attestation de déplacement, vous en avez ? » ; « Est-ce que mon assistante sociale est là ? Je sais plus son nom… vous pouvez lui dire que je suis venu ? » ; « J’ai plus de carte de transport, comment je la renouvelle ? » ; « Je suis auto-entrepreneur et je n’ai plus d’activité, vous savez ce que le gouvernement va me proposer ? Comment je vais faire ? » ; « Je voudrai un logement, vous pouvez m’aider ? » ; « Est-ce que c’est obligatoire de payer son loyer ? » ; « Je peux avoir une aide pour manger ? » etc.

Il faut bien être polyvalent effectivement : « Nous sommes mises à contribution pour des missions que l’on peut qualifier de très polyvalentes (je suis assistante sociale-agent d’accueil-standardiste-secrétaire, Allô Service Social bonjour !). Nous nous relayons dans l’accueil téléphonique ou physique du public en bouleversant totalement notre organisation initiale étant donné nos effectifs réduits. En résumé, nous avons plusieurs files actives et nous recevons les personnes selon l’ordre d’arrivée ».

Prenez le temps de lire ce témoignage qui vaut pour sa sincérité et réalisme avec aussi une petite dose d’humour : « Nous n’avons pas la même grille d’analyse et les mêmes objectifs que les psychologues, mais l’observation et l’écoute sont des outils essentiels dans l’accompagnement social. Par conséquent, la communication non-verbale est riche d’enseignement pour relever de nombreux éléments dans la compréhension d’une situation. Ainsi, il faut s’adapter temporairement à cette transformation de nos modes d’intervention recentrés sur le mail et le téléphone. Le travail social entre dans l’ère numérique avec un matériel style Windows 98. On est un peu vintage, cela a son charme… S’ensuit une analyse politique de la situation des travailleurs sociaux ainsi qu’une analyse sur la domination masculine et la situation des femmes qui assument beaucoup et même trop en situation de crise  (lire le témoignage de Lauluca sur le site de l’ANAS)


Les effectifs des personnels médicosociaux des départements sont restés quasiment stables depuis cinq ans

Pourtant, le nombre d’accompagnements, d’interventions auprès des familles a lui augmenté chaque année, ne serait-ce que dans le cadre de la protection de l’enfance. Cette façon d’agir à moyens constants trouve ses limites.

Au 31 décembre2019, les départements employaient 120.400 personnes au titre de leurs compétences dans le champ social et médicosocial. Ces effectifs se répartissent en 37.300 agents administratifs et techniques, 36.600 assistantes familiales et près de 31.600 travailleurs sociaux et éducatifs. Autre proportion intéressante apporté par, les effectifs (en ETP) se répartissent en 31% pour l’action sociale polyvalente, 18% pour l’ASE (aide sociale à l’enfance), 16% pour la PMI (protection maternelle et infantile), 13% pour l’aide sociale aux personnes âgées ou handicapées et 9% pour l’insertion.

Tout cela ne dit pas grand-chose des conditions d’intervention des travailleurs sociaux certes, d’autant que ces chiffres font apparaitre des écarts territoriaux importants, à interpréter avec prudence précise le journaliste de la Banque des Territoires qui relève des situations paradoxales entre Départements : « Les effectifs des Hauts-de-Seine diminuent ainsi de 2.472 ETP en 2014 à 1.889 en 2019 (-24%), quand ceux du Var progressent sur la même période de 1.697 à 1.902 (+12%) et sont désormais plus importants que ceux des Hauts-de-Seine pourtant plus peuplés (1,6 million d’habitants contre 1,08 million). Chacun fait ce qu’il veut et c’est à se demander ainsi où se trouve l’égalité de traitement. (lire l’article de Localtis)


Des familles d’accueil pour rééduquer les mineurs délinquants

Ce reportage publié par l’Echo Républicain nous parle de cet engagement à peine croyable de familles d’accueil bénévoles qui accueillent des jeunes répertoriés comme délinquants par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Il n’est pas étonnant que la P.J.J. peine à recruter quand on connait le manque de moyens de cette institution. Mais quand même, « En échange d’une indemnisation de 40€. par jour, les familles prennent soin des jeunes pour six mois minimum, renouvelables ». Certes, l’encadrement est présent, les travailleurs sociaux motivée tout comme ces familles qui donnent beaucoup.

La journaliste Marion Bérard présente le travail de l’unité éducative d’hébergement diversifié renforcé (UEHDR) de Fleury-les-Aubrais (Loiret). C’est une unité éducative en milieu ouvert, qui encadre les placements en famille d’accueil. Vous découvrirez dans cet article  que l’on est dans la vraie vie, et que l’on ne raconte pas d’histoires aux jeunes. Jean-Luc Devos éducateurs rappelle que l « On a affaire à des adolescents délinquants et perturbés, mais aussi des gamins “attachiants”. Dans tous les cas, les familles auront le dernier mot vu qu’elles sont chez elles » conclut-il ( lire l’article de l’Echo Républicain )


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La sélection des articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre. Merci à elle

Credit photo : wayhomestudio – fr.freepik.com

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