Vive les éducateurs de rue ! / Les attentes des jeunes des classes populaires / Protection de l’Enfance : les bons comptes de la Cour

« Toujours le sourire, à nous demander comment ça va » : les éducateurs de rue, « super-héros » du quotidien

Le média « radical » Bastamag propose un superbe reportage sur les éducateurs de rue. Olivier Favier est allé au pied des immeubles, dans les artères des grandes métropoles, rencontrer ces éducateurs et éducatrices de rue qui  œuvrent au grand jour pour assurer un lien social avec un public en souffrance. Mal reconnu, leur travail reste dans l’ombre médiatique et politique. Ce reportage les met en lumière. Bravo !

Le journaliste est allé plus précisément à Douai, une ville « au tissu social fragile, où l’on peut à bon droit se sentir délaissé ». Ici le maintenir le lien social est essentiel. C’est l’une des raisons d’être de l’association Rencontres et loisirs qui a intégré au printemps 2019, le plus vieux club de prévention spécialisée créé en 1962.

Vous ferez connaissance avec cet article de travailleurs sociaux « for-mi-da-bles » (si si) avec notamment Sandrine et Anne et Claire, éducatrices de rue.  Anne se souvient de cette remarque faite par un jeune : « Tu es la seule à nous dire bonjour. Toujours le sourire, toujours à nous demander comment ça va. » « Il faut être dans l’empathie, commente Sandrine, on reste quand même des professionnelles, mais plutôt que de parler de bonne distance, je préfère parler de bonne proximité. » En presque vingt ans, cette dernière n’a jamais eu de souci avec le public. (lire l’article de Bastamag)

Les attentes des jeunes des classes populaires  : trouver un emploi, le garder et gagner sa vie

« Alors que les nouvelles générations sont de plus en plus diplômées, les jeunes paient au prix fort leur sortie précoce du système éducatif, surtout les immigré·es ou descendant·es d’immigré·es d’origine maghrébine et d’Afrique subsaharienne, confronté·es aux discriminations à l’école et pendant les débuts de leur carrière » explique sur le site The Conversation Nicolas Roux Maître de conférences en sociologie à l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et Julie Couronné   chargée d’études et de recherche à l’Injep, affiliée au CEET, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

Les 2 universitaires mènent depuis plusieurs années des enquêtes de terrain auprès des jeunes des classes populaires, issus de familles qui ont un accès précaire à l’emploi, de faibles niveaux de revenus et de diplôme, et qui sont les plus concernés par les politiques publiques d’insertion. Leur travail fait tomber l’idée d’une jeunesse qui n’aurait jamais travaillé ou n’aurait pas fait les efforts nécessaires pour trouver du travail.

Pour autant ces jeunes sont véritablement discriminés et on leur demande toujours plus pour accéder au sésame de l’emploi en CDI. Cet article montre à travers des exemples et des récits ce que vivent ces jeunes majoritairement issus des quartiers dits prioritaires. On peut comprendre combien ils peuvent être parfois révoltés. Or ils ne le sont pas vraiment. Ils cherchent surtout à avoir une place dans la société. (lire l’article de The Conversation)

Protection de l’enfance: les bons comptes de la Cour

Yves Faucoup vous propose là une longue analyse pertinente sur ce rapport de la cour des comptes que j’avais résumé ici. Ce rapport explique-t-il est  semé d’avis pertinents, de lieux communs, et de propositions qui ne sont pas nouvelles ou ne mangent pas de pain. Les rapporteurs, naïfs, croient devoir convoquer les « neurosciences » pour dire qu’il faut respecter « le temps de l’enfant ».

« Si un certain nombre de constats sont justes, d’ailleurs faciles à faire, d’autres semblent plus correspondre à l’air du temps, à des modes et répondre au lobbying mené par certaines associations. Mon ami Yves constate aussi que les « sages » se réfèrent étonnamment aux neurosciences chères à Jean-Michel Blanquer. Effet de mode ?

Si le rapport tend à assimiler cette mission de protection de l’enfance à son versant judiciaire. Il oublie carrément des milliers de professionnels intervenant au sein des services sociaux de secteur, en amont pour la prévention et en plein cœur pour l’évaluation du danger et la remontée d’informations. (Lire l’article de Yves Faucoup sur Médiapart)

et aussi

Île-de-France : Les ménages surendettés ne sont pas forcément les ménages socialement les plus précaires

C’est la note d’analyse de l’INSEE n°125 publié début décembre qui l’écrit.  Grâce à l’analyse couplée des données de surendettement avec celles du recensement de la population, le profil des ménages surendettés franciliens révèle quelques spécificités : les employés et les familles monoparentales sont surreprésentés.

Les femmes seules, avec ou sans enfant(s), représentent près de la moitié des ménages surendettés franciliens. À l’opposé, les hommes seuls, plus souvent cadres, sont moins exposés que d’autres. En Île-de-France, près de 20 300 dossiers ont été soumis aux commissions départementales de surendettement par des personnes ou des ménages quine parvenaient pas à faire face à leurs dettes. Parmi ces dossiers, 19 000 ont été jugés recevables. Précisons aussi que de 2014 à 2019, le surendettement a reculé fortement en Île-de-France comme un peu partout en France

En Île-de-France 45 % des surendettés  sont des actifs en emploi (contre 36 % en France). Par contre, près d’un quart des débiteurs ou codébiteurs sont eux au chômage comme sur le restedu territoire. Travailler ne suffit pas toujours à éviter une situation de surendettement, particulièrement dans ce département où le coût de la vie est élevé. (lire la note d’analyse de l’INSEE)

 

Photo créé par gpointstudio – fr.freepik.com

 

La sélection des articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre. Merci à elle

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