Fraude sociale : « un rapport mesuré » / Le vrai, le faux sur l’insécurité / 93 : un collège sans infirmière ni assistante sociale

Cour des comptes: un rapport mesuré sur la fraude sociale

Tandis que plusieurs médias cherchent à dramatiser le constat de la Cour des comptes, celle-ci publie un rapport qui tend plutôt à contrer, sans le dire explicitement, la propagande menée par une partie de la droite et de l’extrême-droite contre d’éventuels abus aux droits sociaux nous explique Yves Faucoup sur son blog « social en questions »

Cette fraude sociale est un « serpent de mer » qui revient régulièrement. Elle concerne la maladie, les accidents du travail, les maladies professionnelles, la famille, la vieillesse, l’emploi (CPAM, CAF, retraites complémentaires, Pôle emploi), soit sur 521,4 milliards d’euros (Md€).

« Quand on parle de fraude sociale, il peut s’agir d’erreurs involontaires ou d’irrégularités calculées, mais parfois on y inclut abusivement des indus liés à des erreurs commises par les caisses elles-mêmes. Le traitement sera forcément différent. Par ailleurs, de véritables escroqueries sont considérées comme fraudes sociales, bien qu’elles n’en relèvent pas à proprement parler mais sont plutôt des infractions qui conduisent non seulement à des amendes mais aussi à des condamnations à la prison (148 condamnations à l’emprisonnement dont 40 à la prison ferme en 2018)…. »

Yves Faucoup remet les pendules à l’heure et vous apporte de quoi argumenter face aux excès de langages sur ce sujet et les fausses affirmations. C’est salutaire et c’est à partager (lire l’article d’Yves Faucoup)

Le vrai, le faux et l’invérifiable du débat sur l’insécurité

Il faut à mon avis que les travailleurs sociaux s’en mêlent et puissent témoigner de ce qu’ils observent dans les quartiers car  de l’« Ensauvagement », à l’« été “Orange mécanique” »,… « Les politiques rivalisent d’expressions-chocs, parfois très loin des faits » nous explique le site les décodeurs du journal Le Monde.

« La France est le pays d’Europe qui affiche le taux d’homicides le plus élevé, c’est catastrophique », s’alarmait le sénateur Les Républicains Bruno Retailleau sur France Inter le 21 juillet : c’est faux

Il y a « une agression gratuite toutes les 44 secondes dans notre pays », s’indignait sur Facebook Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, le 18 août. nous sommes dans une affirmation gratuite, mais elles ne le sont pas car s’il y a bien environ 1 945 agressions par jour, selon les enquêtes de victimisation. ce sont toutes les violences confondues précise Le Monde.

Le président du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, évoquait, jeudi 27 août sur BFM-TV, « un été Orange mécanique, avec une violence gratuite qui nous a toutes et tous profondément marqués ». C’est tout simplement une affirmation invérifiable explique le journal.

Par contre ce qui est vrai, c’est le nombre de féminicides qui a clairement augmenté. C’est un député communiste qui le rappelle. En En 2019, 146 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint, selon le ministère de l’intérieur. C’est 25 de femmes tuées de plus qu’en 2018, (lire l’article du Monde)

Ni infirmière ni assistante sociale en pleine rentrée « Covid » : le ras-le-bol d’un collège de Saint-Denis

Ça se passe en Seine-Saint-Denis, au collège Elsa Triolet de Saint-Denis, qui accueille plus de 500 élèves.  la prise en charge médicale et sociale des élèves ressemble un peu aux murs ocres du bâtiment : elle s’effrite explique la journaliste reporter de France Inter Julie Pietri.

Ce Département est habitué à être mal-loti en moyens humains mais là cette rentrée a une tonalité particulière : « Il y a les petits bobos du quotidien. Mais en ce moment avec le Covid, on a des élèves qui peuvent être malades, présenter des symptômes : nous ne sommes ni médecins, ni infirmiers, nous n’avons pas de formation. Ce n’est pas notre travail de savoir si un élève a une angine, un rhume ou le Covid. Nous ne sommes plus accompagnés et nous ne pouvons pas apporter aux élèves et à leurs familles l’aide dont ils ont besoin et qu’ils auraient s’ils habitaient ailleurs » explique une syndicaliste du SNES-FSU

« Ici c’est surtout du psy. De l’angoisse liée aux besoins de performance ou au Covid » précise-t-il En son absence, en l’absence également de l’assistante sociale, tout ce travail repose désormais sur les professeurs et les CPE qui ne sont pas armés pour cela… (lire l’article de France Inter)

et aussi

 

Photo : Façade de l’entrée de la Cour des Comptes à Paris (Wikimedia) licence GNU Free Documentation.

La sélection des articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre. Merci à elle

 

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Une réponse

  1. Bonjour,
    l’ensauvagement est une expression politique savamment distillée dans un but calculé.
    Il s’agit très certainement de faire monter la tension pour conduire à terme à une bipolarisation politique qui viserait à faire réélire Macron. En son temps , Mitterrand avait utilisé une telle ficelle.
    La question est fortement exploitée par les médias et la surenchère donnera lieu aux mêmes caricatures.
    Pourtant la question du droit à la sûreté , à l’éducation et à la protection des plus fragiles est d’une actualité brûlante .La crise de la COVID vient renforcer les inégalités, l’isolement et l’exclusion des plus fragiles.
    Comme le dénonce le collectif Alerte , moins de 1% des 100 milliards du plan de relance est dédié aux plus fragiles ( voir brève sur ce site). C’est de cette violence qu’il faut parler, car dans les quartiers, dans nos politiques publiques ,nous le vivons tous les jours.
    Oui, jouer avec le feu ne règle rien des délais de traitement de plaintes,, du manque de TS dans les quartiers, dans les établissements scolaires, dans les politiques de la ville,etc.. Et faire de la communication sur les violences familiales ne se traduit pas par une baisse des féminicides. Tous les TS vous diront qu’ils rament pour trouver des solutions, que les dispositifs sont très souvent embolisés, que les auteurs sont souvent sans réponses pénales rapides (malgré des améliorations depuis une année), que l’éducation à la bienveillance est un concept qui reste trop souvent uniquement accessible aux classes sociales les plus favorisées..Bref que nous avons du pain sur la planche pour rendre notre société plus fraternelle. et moins violente..
    Les matamores et les communicants et leur porte-voie politique ne font que de désespérer les plus vulnérables qui ne croient plus dans notre République.. Il ne faut pas s’étonner que le populisme ait de beaux jours devant lui.
    Dénonçons l’exploitation politicienne des problématiques sociétales, répondons à la demande de Didier de faire connaître les réalités de violences pour les familles et les enfants qui ne sont pas traitées à la hauteur de ce qu’elles devraient être et refusons le lexique qui réduit les auteurs des violences visibles et bruyantes à des sous-hommes! Et demandons aux Darmanin et consorts de nous dire comment nous devons appeler les Gafa , leur conseil de surveillance et leurs patrons qui utilisent l’optimisation fiscale, les paradis fiscaux,etc.. pour ne pas payer leur juste contribution aux traitement des problématiques sociétales!
    Les plus précaires se sentiraient certainement plus inclus et compris s’ils voyaient que nos hommes politiques menaient réellement des combats pour sortir de ce système fiscale mondiale injuste.. Nous pourrions croire à un destin commun.Il y a fort à parier que le sentiment de peur et d’insécurité s’en trouverait amoindrit.

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