« Seuls les morts ne demandent pas l’asile »: à Paris, Marseille, Calais, Reims.. Des centaines de migrants sont dans le délaissement le plus total.

Le Défenseur des droits dénonce une nouvelle fois les conditions de vie inhumaines que subissent les exilés à Calais. Tous les points d’eau ayant été supprimés, les migrants ne peuvent pas se laver, ni même boire. Se laver et boire de l’eau est leur principale demande. Des atteintes aux droits fondamentaux d’une exceptionnelle et inédite gravité ont été constatées. La volonté de ne plus voir de migrants conduit à ce que plus aucun abri ne soit toléré : les personnes – entre 500 et 600 selon plusieurs informations croisées – dont des mineurs, dorment à même le sol, quelles que soient les conditions climatiques, parfois avec un sac de couchage donné par les associations. Ils disent être traqués jour et nuit dans plusieurs sous-bois de la ville. Les migrants ne peuvent dès lors plus dormir, ni même se poser ou se reposer et restent constamment sur le qui-vive. Ils sont visiblement dans un état d’épuisement physique et mental.

La situation sanitaire des étrangers sans papiers est très critique ailleurs aussi : A Paris, la propagation de la gale menace les migrants et inquiète les ONG : Les conditions de vie des migrants sans-abri aux abords du camp de la Chapelle, dans le 18e arrondissement, rendent impossible l’éradication de la gale, qui persiste en dépit des efforts des services sanitaires et des associations. A Marseille : ce sont les mineurs isolés étrangers qui dorment dans les rues : Légalement, ils devraient être mis à l’abri par l’Aide sociale à l’enfance. Faute de places suffisantes en foyer, des dizaines de mineurs étrangers non accompagnés sont livrés à eux-mêmes dans la grande ville. A Amiens «Les meilleurs élèves de la classe» d’un internat risquent de dormir dehors cet été. C’est le titre d’une article du Monde qui parle d’un « d’un parcours du combattant pour éviter les nuits dehors ».  Circulez, il n’y a rien à voir à Reims où un camp de migrants a été évacué pour faire place «propre» lors d’une inauguration  dans un quartier d’affaires.

La reconnaissance même du statut de mineur étranger est interrogée avec des critères très discutables. Dans une tribune intitulée  « Seuls les morts ne demandent pas l’asile ou comment la France accueille les enfants » Delphine Schilton, Psychanalyste, indique que « Pour refuser le droit d’asile aux mineurs, les évaluateurs de la Croix-Rouge et la Direction de l’aide sociale à l’enfance utilisent des critères erronés pour en récuser le plus grand nombre. Prenant prétexte de ce que les gamins sont, par exemple, autonomes ou débrouillards voire menteurs, ils les laissent ainsi livrés à eux-mêmes. La psychanalyste décrypte la méconnaissance clinique. C’est justement ceux qui ont appris à être autonomes et « débrouillards » qui ont survécu. « Les mineurs non-autonomes sont morts et leurs cadavres gisent quelque part entre le Mali et la Libye, ou dans la Méditerranée ».

Les appels se multiplient en faveur des migrants de Calais : Les associations ont saisi la justice vendredi dernier, afin que les « droits fondamentaux » des 600 migrants présents à Calais soient respectés. Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, des personnalités demandent que cessent les violences à leur égard. Omar Sy et Christine and the Queens (et bien d’autres encore)  ont signé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour « faire cesser les violences envers les migrants ». L’eau et la nourriture manquent. L’appel publié sur le Bondy Blog précise que « Voilà deux semaines que les autorités rendent cette tâche difficile« , et que »des officiers de police interdisent à des migrants de se rendre à une distribution de vivres », ajoutent les signataires, en s’interrogeant: « Qui donne ces ordres? Est-ce faire honneur aux policiers que de les assigner à des tâches si inhumaines ? »

Pour conclure, au regard des informations qui parviennent, il me semble que nous avons l’impérieuse nécessité en tant que travailleurs sociaux, de dénoncer ce qui se passe actuellement pour la population exclue des Droits les plus élémentaires. Nous nous devons d’agir en travaillant avec les associations et structures qui se mobilisent. Nous avons aussi à proposer des solutions aux pouvoirs publics afin que cessent ces « dénis d’humanité »sur le territoire français.

 

Photo : Flickr « Squat Le Monde »  L’heure du repas partagé

 

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