Le travail social en Europe s’adapte aux défis posés par les migrations et l’exclusion…

La société européenne change et, avec elle, la nature même du travail social. Des nouvelles façons d’agir peuvent-elles être mises en place pour répondre aux besoins des réfugiés et des communautés déplacées? C’est l’une des questions que se sont posés les délégués des associations professionnelles des pays européens qui se sont réunis ce week-end à Reykjavík, en Islande, dans le cadre de la  conférence européenne de la Fédération internationale des travailleurs sociaux (IFSW). Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour : la protection de l’enfance dans le contexte de nouveaux défis impliquant l’exclusion sociale, le numérique et la circulation d’un grand nombre de personnes dans le nord de l’Europe à la recherche d‘asile, de paix et d’une vie meilleure.

Un article du journal anglais le Guardian pose les enjeux de cette rencontre : « Une valeur fondamentale du travail social vise à favoriser l’émergence d’une société « durable » et solidaire dans laquelle tout le monde a la possibilité de participer en tant que citoyen actif », a déclaré María Rúnarsdóttir, la présidente de l’Association islandaise des travailleurs sociaux, qui organisait cette  conférence.  Comment pouvons-nous assurer le respect  les droits de l’homme pour des groupes de personnes qui sont en marge de nos communautés ? » On pourrait ajouter « comment promouvoir la cohésion sociale ? »

Le débat à la conférence – intitulé Marginalisation et travail social dans une société en mutation – visait à mettre l’accent sur le rôle du travail social dans ces temps changeants. Est-ce pour soutenir l’individu? ou est-ce que c’est de contester le système? Ce fut un élément clé de la discussion de la conférence IFSW mondiale de l’année dernière.

La conférence visait également à poser la question de la possibilité de partager les bonnes pratiques du travail social à travers les frontières. Mais en sommes nous capables ? Un exemple a été donné par une équipe de recherche qui a travaillé sur la protection de l’enfance en Suisse. Les auteurs de travail ont constaté que le système Suisse s’était appuyé de l’expérience de la protection de l’enfance  dans cinq pays européens.

Ces chercheurs ont vu leurs travaux publiés dans le journal de l’association britannique du travail social. Ils ont conclu que les aspects positifs et négatifs, étaient « remarquablement cohérents ». Pour eux  les comparaisons internationales de la pratique professionnelle en matière de protection de l’enfance étaient «à la fois possibles et souhaitables».

Mais tout le monde n’est pas d’accord pour dire que le travail social est en train d’avancer au même rythme selon les pays. Paul Michael Garrett, directeur du travail social à l’Université nationale d’Irlande à Galwaypens différemment. Garrett s’interroge sur ce qu’il appelle le «ré-enchantement» du travail social avec les enfants et les familles en Angleterre grâce à des programmes tels que Reclaiming Social Work –  (traduction : travail social dans une fonction de récupération – des effets du néolibéralisme – ) pionnier dans Hackney, à l’est de Londres – et des programmes de recrutement rapides de travailleurs sociaux diplômés pour le travail de « première ligne ». Lorsque les promoteurs d’action voient une innovation positive, elle est présentée en opposition au travail de service public. Cette innovation est au final réservée à une élite. De façon toute aussi cruciale, Garrett craint un mouvement justifié par l’austérité économique et les forces des pensées dominantes dans le monde visant à considérer qu’il est de la responsabilité des personnes d’agir pour leur propre situation.

Dans Welfare Words, un livre qui sera publié cette année, Garrett soutient que l’utilisation professionnelle de termes tels que « la résilience » favorise un changement d’approche en travail social, mais pas forcément dans le bon sens. On ne peut pas laisser les personnes seules face à cela. « Oui, les gens doivent être résilients », dit-il, « mais ils ont besoin, en tant qu’individus et en tant que membres des communautés, à disposer d’un minimum de ressources suffisantes aussi.« 

Le choix de l’Islande pour la conférence IFSW est particulièrement adapté dans ce contexte. Le pays a souffert plus que le plus dans le crash économique mondial de 2008, mais a depuis récupéré rapidement et fortement, malgré les coupes sévères aux dépenses publiques.

présidente de l’Association islandaise des travailleurs sociaux précise  que son pays a eu l’occasion de donner un exemple positif à d’autres en se réinvestissant dans le travail social et la protection sociale. « Nous avons bien réussi à faire face à la crise économique. Mais les services publics ont dû faire connaître leurs priorités sur la façon dont ils ont dépensé leur argent. Nous avons dû nous battre pour les personnes dont les revenus sont les plus bas disposent de droits et de secours suffisants. Et peut-être cela a-t-il signifié un retrait du travail autour de la prévention.

« Maintenant, nous devons réfléchir à la façon dont nous pouvons revenir à la prévention, comment nous pouvons être proactifs plutôt que réactifs. Nous devons penser  20 ans à l’avance.  » a-t-elle conclue.

Note : j’ai abandonné la traduction de certaines phrases craignant d’en déformer le sens. Pour le reste, il me semble que vous avez là l’essentiel des idées développées dans l’article du Gardian. Si vous souhaiter compléter ou modifier cette traduction merci à vous de réagir dans les commentaires…

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