Vous ne reconnaissez pas cette Amérique? Voici pourquoi vous ne devriez pas vous en détourner.

Cette tribune intitulée « Don’t Recognize This America ? Here’s Why You Shouldn’t Turn Away »est signée Gary Bailey, ancien président de l’association internationale du travail social. Elle est parue récemment dans le Huffington Post et mérite notre attention. En voici l’essentiel :  » La nuit dernière alors que je regardais l’élection se faire, j’ai pensé à la scène de Charles Dickens “A Christmas Carol” où Ebenezer Scrooge est visité par le Père Noël. Quand Scrooge le rencontre, il est choqué quand il voit deux enfants sauvages vêtus de lambeaux qui tombent de la robe du géant. Il pense que ces enfants doivent appartenir au géant, mais celui-ci dit à Scrooge que ce sont des hommes. Le géant explique que le garçon s’appelle Ignorance. “Méfiez-vous des deux, mais surtout  méfiez-vous de ce garçon …” Je ne peux pas m’empêcher de penser à cette scène alors que le résultat de cette élection nous confronte aujourd’hui en tant que nation.

Je me demande comment un homme qui parle explicitement de maltraiter des femmes, qui est ouvertement raciste et un intimidateur, avec un tempérament provocateur, approuvé par le Ku Klux Klan, avec des pratiques commerciales obscures, qui n’a réellement prévu  aucun plan d’actions  politiques autres que l’agressivité, peut devenir un président élu par la nation la plus puissante sur terre ?

Pour d’autres il y a une réalité plus récente – impossible à nier ou à ignorer –  c’est le fait que nous sommes en fait une nation très divisée. Pendant les huit dernières années, nous avons observé que l’Amérique se rapproche de cet abîme. Maintenant au moins beaucoup peuvent voir ce qui a été contesté et rejeté: les questions de race et de classe restent  vraiment importantes dans ce pays. Aujourd’hui, je me souviens d’une de mes citations préférées par Frederick Douglas d’un discours qu’il a donné en 1857 :

« Permettez-moi de dire un mot sur la philosophie de la réforme. Toute l’histoire du progrès de la liberté humaine montre que toutes les concessions obtenues  sont nées d’une lutte sérieuse. Le conflit est fait de passions, il nous agite, il est absorbant, et pour le moment, nous mettons tous les autres tumultes de coté. Il faut le faire sinon cela ne sert à rien. Sans lutte, il n’y a pas de progrès. Ceux qui prétendent favoriser la liberté et dédaignent l’agitation sont des hommes qui veulent des récoltes sans labourer le sol ; Ils veulent la pluie sans le tonnerre et les éclairs. Ils veulent l’océan sans le terrible rugissement de ses vagues et de ses courants marins. Cette lutte peut être morale, ou physique, et peut être à la fois morale et physique, mais elle doit être une lutte. Le pouvoir ne concède rien sans demande. En Découvrant ce à quoi tout peuple se soumet tranquillement, vous découvrez la mesure exacte de l’injustice et du mal qui leur est imposé, et cela continue jusqu’à ce que mette en place une résistance avec des mots ou des coups, ou avec les deux. Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment« .

Ce cycle électoral a tenu lieu de miroir à toute notre nation – il a été pénible pour beaucoup d’entre nous de voir ce qui se reflète. Nous devons regarder honnêtement le mal et la peur qui ont provoqué un tel vote de la part de tant de personnes. Ces sentiments sont aussi très réels. En fin de compte, il ne peut y avoir de réconciliation sans confrontation avec la vérité, aussi dérangeante  et laide qu’elle puisse paraître.

La vérité est que nous sommes une nation profondément divisée. Cela a été mis en évidence par un cycle électoral axé sur les pires aspects de la division raciale et sexuelle dans notre société. Ces thèmes ont été mis au centre du dialogue national. À mon avis, ce n’est que lorsque nous reconnaissons et nous nous confrontons à ces réalités que nous pouvons, en tant que nation, commencer le chemin qui va vers une véritable réconciliation et vers le progrès.

Alors, malgré la détresse que je ressens personnellement, je me suis levé ce matin, je suis venu travailler et j’ai  remonté mes manches en me rappelant les paroles d’une chanson écrite par Joan Baez en 1976 :

Ne  laisse personne, me dérouter
fais-moi bouger, fais-moi bouger
Ne  laisse personne, me dérouter
Continue à marcher, continue à parler
Va construire un tout nouveau monde. »

gary-baileye

Gary Bailey MSW, ACSW est professeur de travail social à la Simmons School of Social Work  ancien président de la Fédération internationale des travailleurs sociaux. Il est un expert dans les questions liées à l’intersection de la race, le sexe et l’orientation sexuelle. 

 

Photo : Donald Trump: I don’t want David Duke’s endorsement – POLITICO politico.com

 

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