La tyrannie de nos messageries…

les messageries professionnelles et personnelles ont envahi notre quotidien. C’est vrai pour l’ensemble des métiers, cela l’est tout autant  dans le champ du travail social.  Aujourd’hui, il est courant pour un travailleur social ou un encadrant de recevoir une cinquantaine de mails par jour et même bien plus dans certains cas notamment dans les services sociaux des Départements. La gestion du courrier électronique est non seulement chronophage mais c’est aussi un facteur de stress… Cela n’est pas sans conséquences…

La première concerne la perte d’énergie et d’attention lorsque nous sommes occupés par une tâche : Nous avons tendance dans notre grande majorité à prendre connaissance des messages dès qu’ils arrivent. Cela provoque un éparpillement de notre attention qui nous conduit souvent à quitter la tâche que nous étions en train de faire pour en commencer une nouvelle. Si en fin de journée vous avez des messages que vous avez commencé à rédiger et qu’ils ne sont pas terminés ou envoyés, cela veut peut être dire que vous êtes en surcharge et dans un risque professionnel.

Une étude de la « McKinsey Global Institute and International Data Corp » nous indique que le courrier électronique est la deuxième activité la plus chronophage  pour les salariés qui travaillent dans des bureaux et administrations.   le temps passé sur le courrier électronique peut être  de 25% à 30% de la totalité du temps de travail lorsque ce n’est pas plus. En supposant une journée de huit heures, nous consacrerions environ deux heures, 14 minutes par jour à la gestion de nos e-mails.

La seconde concerne le stress au travail : il ne fait aucun doute que l’e-mail est devenu un outil de communication essentiel mais il est aussi devenu un générateur de stress professionnel important. Quand un supérieur hiérarchique vous adresse un message de quelques lignes, celui ci ne mesure pas comment le message va être reçu – c’est souvent le dernier de ses soucis – un message qui prend 5 minutes ou moins pour être rédigé, peut se traduire par plusieurs heures de travail afin d’y répondre correctement. Une question banale peut fréquemment se traduire par une réponse complexe qui nécessite une énergie conséquente sans que l’émetteur du message n’en n’ait la moindre conscience.  Le management par les e-mails est redoutable et l’utilisation de la messagerie est devenu une cause majeure de stress. Un chercheur à l’Université de Californie à Irving, a utilisé des moniteurs de fréquence cardiaque appliqués sur des salariés utilisant la messagerie pour constater les effets néfastes des mails.

Dans les organisations, l’information circule sans cesse. Un même message relayé avec des commentaires nouveaux plus ou moins pertinents vous oblige non seulement à les lire mais aussi parfois à y répondre sous peine d’être considéré comme improductif…  Certaines grandes entreprises aux Etats Unis avaient par le passé décrété des « no e-mail Friday ». Il s’agit de ne plus envoyer de mails le vendredi en fin de semaine mais de se parler en décrochant son téléphone. Une façon de résister à la sur-information et à la pression que provoque sur nos organismes cette forme de management qui lorsqu’elle devient abusive peut s’apparenter au management par le stress sans la volonté consciente de le mettre en oeuvre.

Nous ne pouvons que constater que le phénomène a envahi nos vies tant professionnelles que personnelles. Il serait sans doute temps de le prendre en compte de façon sérieuse.

photo :  Wies van Erp  Passe-partout (computer, e-mail, online) Certains droits réservés

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