Assistantes sociales des Départements, pourquoi êtes-vous si désirées ?

Ce n’est pas qu’une question, c’est aussi une réalité. On ne compte plus le nombre d’institutions intéressées par votre travail. Voici quelques exemples qui vont vous démontrer combien vous êtes aimées, ou du moins appréciées…

Pôle emploi ne tarit pas d’éloge pour vous. Vous êtes recherchées pour participer à l’accompagnement global qui se met en place dans tous les bassins d’emploi. Le principe est simple, vous êtes invitées à construire des diagnostics sociaux en compléments des diagnostics professionnels des agents de Pôle emploi afin de lever les freins à l’accès à un travail rémunéré. L’affaire est d’importance : plusieurs centaines de postes de conseillers pôle emploi ont été créés pour accomplir cette tâche qui consiste pour une partie à mettre  en place un « suivi social exclusif pour les demandeurs d’emploi qui rencontrent des difficultés sociales bloquant de façon manifeste la recherche d’emploi » Rien que pour le Département de Seine Saint Denis, le fameux « 9-3 » les Fonds européens FSE permettront la création de 30 postes à pôle emploi contre aucune création pour les assistantes sociales du Département.

Mais il n’y a pas que Pôle emploi qui vous plébiscite : les mutuelles privées et les organismes de retraites complémentaires ne tarissent pas d’éloges pour vous : Elles souhaitent que vous leur  fournissiez (gratuitement s’entend) des évaluations sociales sur le bien fondé des demandes d’aides des retraités qui sollicitent des secours complémentaires. Certains Départements vous demandent d’assurer cette mission et vous ne rechignez pas à la tâche car c’est au bénéfice des personnes de votre secteur – même si vous ne les connaissez pas d’ailleurs –

Les services de l’Etat vous apprécient beaucoup aussi, notamment dans le cadre de la lutte contre les expulsions. Ils vous invitent à rencontrer ces locataires qui ne paient plus leurs loyers depuis fort longtemps. Vous tentez de rencontrer les personnes qui visiblement sont fâchées avec leurs bailleurs. Vous instruisez des « enquêtes expulsion » depuis fort longtemps. C’est d’ailleurs prévu par le code de l’action sociale et des familles. La Commission départementale de coordination des actions de prévention des expulsions locative, la CCAPEX comme nous la nommons joliment ne vous oublie pas non plus.  Vous êtes son dernier recours ou presque. Vous êtes celle qui pouvez encore « sauver » la situation, même si vous avez 100 fois fait le tour de la question, déjà instruit du FSL maintien et alerté la commission DALO et le SIAO (Services Intégrés d’Accueil et d’Orientation) pour un éventuel accueil en CHRS.

Le SIAO Justement parlons en. Cette structure ne vous aime pas, elle vous adore. Pensez donc avec le nouveau logiciel SI-SIAO, c’est vous ou votre secrétariat qui allez saisir directement la base de donnée de cette structure. Le service rendu est efficace : Les agents de ces services n’ont plus à perdre leur temps en saisie  chronophage. Toute leur énergie est tournée vers la gestion des places d’urgence et des disponibilités (qui elles aussi s’affichent en direct saisies par vos collègues des CHRS).

La CAF vous aime bien aussi et cela depuis fort longtemps puisque c’est vous qui instruisez les demandes CAFIF. Vous n’êtes pas seules car vos collègues conseillères de la CAF en prennent leur part. Toutes ces demandes relèvent d’un règlement et d’une commission qui valident (ou pas) votre demande. Et puis désormais vous disposez de CAFPRO cet accès magique au dossier des allocataires que vous rencontrez. Plus besoin d’aller se renseigner auprès de la CAF vous renseignez directement la personne sur ses droits.

Les banques s’intéressent à vous mais il semble que ce soit plus mesuré.  Certains Départements ont signé des conventions avec la clé des banques mais au final comme vous tentez de négocier une annulation des frais bancaires et que vous avez tendance de rappeler avec insistance ce que veut dire l’insaisissabilité du RSA, finalement, parfois elles n’insistent pas,  mais cela leur coûtent…

Les magistrat on eux aussi une grande estime pour votre travail. Ils vous sollicitent parfois directement sans passer par vos service pour que vous leur transmettiez des informations qui leur permettent de prendre des décisions alors que vous ne leur avez rien demandé. Quand vous sollicitez leur intervention, ils oublient parfois de vous répondre mais gare à vous si de votre coté vous n’êtes pas « droites dans vos bottes ». Un soi-transmis du parquet vous guette ou encore une réquisition de la police ou gendarmerie pour être entendue sur telle ou telle affaire. Dans la majorité des cas bien évidemment cela se justifie.

Il est une autre profession du droit qui vous fait des yeux de Chimène : Ce sont les huissiers. Ils désirent ardemment votre collaboration afin qu’ils puissent pas exemple retrouver une adresse ou un contact pour attraper un mauvais payeur. La loi leur permet d’accéder à certaines de vos informations, mais vous avez une fâcheuse habitude de de ne pas considérer ces demandes comme prioritaires. Pire, vous trainez la patte face à de telles demandes. C’est à se demander pourquoi…

Je suis certain qu’il existe d’autres organismes qui pensent à vous et comptent sur vous pour les aider dans leurs missions en direction de leurs propres publics. Les services qui interviennent par exemple dans la cadre de la prévention de la délinquance ou encore dans le cadre de la prévention de l’échec scolaire comme par exemple les programmes de réussite éducative espèrent que vous pourrez faire le lien entre les familles et vous lorsque le courant ne passe pas de leur coté…

Je ne parlerais pas de certains élus locaux qui aimeraient bien que vous fassiez ce qu’ils vous demandent même s’ils ne sont pas vos employeurs. Là aussi vous semblez être appréciée pour tout ce que vous savez…

Vous êtes mesuré(e)s face à tant de sollicitudes à votre égard. Cela peut se comprendre. Votre fichu secret professionnel en embarrasse plus d’un. Et au nom du sacro-saint partage d’information, vous êtes invitées à apporter à parler quand même et apporter votre point de vue et analyse de la situation.

Vos encadrements appellent  cela  du partenariat. Ils n’ont pas tout à fait tort. Mais quand on est partenaire dites-vous, chacun prend sa part. Ce partenariat là ne vous parait pas très équitable, un peu à sens unique.  Vous en rappelez la définition et estimez que le passage ente partenaire et prestataire est un chemin étroit dans lequel il est facile de vous diriger.

Vous répondez présente car au final vous savez bien qu’au bout de la chaîne dont vous êtes un maillon il y a très souvent une personne, une famille souvent en détresse qui doit faire face à des difficultés qu’elles estiment insurmontables. Vous êtes là pour les aider à les franchir. C’est aussi pour cela aussi que vous êtes tant appréciées…  non ?  Non vraiment, je ne vois pas d’autre raison !  😉

(1)Le dictionnaire critique de l’action sociale précise que « Le partenariat se définit comme une association active de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser un objectif commun relié à un problème ou à un besoin clairement identifié dans lequel, en vertu de leur mission respective, ils ont un intérêt, une responsabilité, une motivation, voire une obligation ».

Photo :  www.audio-luci-store.it Couple dancing isolated over white background  le 14 décembre 2013 Certains droits réservés

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2 réflexions au sujet de « Assistantes sociales des Départements, pourquoi êtes-vous si désirées ? »

  1. Bonjour à toutes,

    Je souhaite une bonne année à toutes celles que je n’™ai pas vues ou eues au téléphone en ce début d’année.
    Je vous propose ce petit article pour méditer sur notre belle profession d’€™AS au sein des Conseils départementaux. Merci Didier DUBASQUE, ancien président de lâ’™ANAS.
    A méditer et à  diffuser autour de vous avec discernement mais sans modération !

    Bonne fin de journée

    Martine

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  2. ok et merci, c’est très bien de faire ressortir ainsi comme la profession peut se faire instrumentaliser, récupérer(kif kif pour les éducateurs dont je fais partie).
    Claudine HIEYTE

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