La violence contre les femmes (et certains hommes) s’exerce aussi sur Internet…

C’était hier la journée contre les violences faites aux femmes. Les statistiques sont toujours aussi terribles à ce sujet : En 2014, 134 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint. Selon le ministère de l’intérieur, près d’un homicide sur cinq, est la conséquence de violences conjugales, qui touchent en grande majorité les femmes.  C’est aussi l’occasion de rappeler ce que recouvre ce terme de violence. Elle n’est pas le résultat d’un simple conflit ou d’un acte accidentel car ce qui la caractérise, c’est aussi et surtout une relation inégalitaire entre les partenaires. Enfin depuis quelques temps une nouvelle violence est apparue via Internet et les réseaux sociaux…

La violence s’entend par « la violence physique, sexuelle et psychologique exercée au sein de la famille, y compris les coups, les sévices sexuels infligés aux enfants de sexe féminin au foyer, les violences liées à la dot, le viol conjugal, les mutilations génitales et autres pratiques traditionnelles préjudiciables à la femme, la violence non conjugale, et la violence liée à l’exploitation ; la violence physique sexuelle et psychologique exercée au sein de la collectivité, y compris le viol, les sévices sexuels, le harcèlement sexuel et l’intimidation au travail, dans les établissements d’enseignement et ailleurs, le proxénétisme et la prostitution forcée; la violence physique, sexuelle et psychologique perpétrée ou tolérée par l’Etat où qu’elle s’exerce »1

Cette définition est universelle2. Selon le rapport d’Amnesty International « ce texte permet de poser un cadre aux stratégies de lutte contre la discrimination et les violences faites aux femmes ». Pour Amnesty, il convient de dépasser les clivages entre communautés, sociétés…en se fondant sur les outils juridiques du droit international et en soulignant les droits fondamentaux de la personne, car la violence envers les femmes est « avant tout une violation ou une série de violations des droits humains fondamentaux »

Les droits fondamentaux sont :

  • le droit de vivre libre de toute torture ou traitement dégradant ou humiliant.
  • Le droit à la vie.
  • Le droit de consentir librement au mariage.
  • Le droit aux meilleures conditions de travail, de logement, de santé
  • Le droit à une protection égale devant la loi.
  • Le droit de vivre libre de toute discrimination fondée sur le genre, la race, l’appartenance religieuse ou sociale.

La violence s’inscrit de manière récurrente et est toujours dirigée contre la même personne. C’est un mode de relation fondé sur le contrôle et la violence psychologique, cette dernière est omniprésente et prépare bien souvent le terrain propice à la violence physique. Selon Marie France Hirigoyen3, la violence psychologique consiste à nier l’autre dans son intégrité et le considérer comme un objet.

Quelque soit les formes de violence, un cycle infernal se met en place. On peut voir ainsi une amplification des manifestations de violences, amplification d’autant plus importante si la  victime reste sous emprise dans une attitude de soumission à son agresseur. Contribuer à faire cesser ce cycle, voilà une des missions des travailleurs sociaux qui ne manquerons pas de suivre des formations pour être mieux outillé dans leurs pratiques lorsqu’ils se trouvent face à ce type de situation qui est quand même, relativement fréquent.

Une autre dimension est apparue depuis quelques années :  La violence à travers Internet et les réseaux sociaux. Le terme cyberviolence désigne la violence exprimée via internet, les téléphones portables ou les jeux vidéos. Elle peut prendre la forme de menaces, d’insultes ou d’intimidation mais aussi de harcèlement.

L’envoi de textos à caractère sexuel, quand ils ne sont pas consentis, est aussi une forme de cyberviolence, de même que le ‘revenge porn, soit le fait de publier ou partager des photos ou vidéos à caractère sexuel dans le but de se venger de quelqu’un et sans son accord. D’après un rapport de l’ONU,  les violences en ligne touchent une très grande majorité de femmes dans le monde.

Mais beaucoup de victimes, confrontées à ce problème, ne savent pas comment réagir. Cette étude montre également qu’en Europe, 1 femme sur 5 a subi une forme de violence grave sur internet en raison de son genre depuis l’âge de 15 ans. D’autres chiffres mis en avant par le rapport montrent que les femmes ont 27 fois plus de chances d’être abusées en ligne que les hommes, qui constituent 61% des agresseurs. ( Ce qui veut dire aussi que 39% sont des femmes )

Il reste donc beaucoup de choses à faire sur ce sujet.

à lire : Dépression après un cyber harcèlement : les conseils pour l’éviter

1 La déclaration affirme également que « la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes ».

2 Cette déclaration est considérée comme étant, au niveau mondial, le texte fondateur de la lutte contre les violences faites aux femmes.

3 Hirigoyen MF., Femmes sous emprise. Les ressorts de la violence dans le couple, Paris, oh éditions, 2005

photo : illustration du site combattre le dépression . com

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