S’engager pour les enfants et les familles afin d’éviter la séparation…

Une récente recommandation des Nations Unies et son Comité des Droits de l’Homme traite de la « nécessaire intervention de la société civile dans le débat sur la protection de l’enfance« . Tous les pays, toutes les régions de la planète sont concernées par ces questions.  Notre débat franco français sur le sujet ne doit pas nous faire oublier les questions universelles qui nous concernent tous…

Ce document d’une quinzaine de pages déroule la situation faite aux enfants séparés de leurs parents pour de multiples raisons. Nous nous limiterons à celles qui prédominent en Europe même s’il reste très intéressant de connaitre ce qui se passe dans ce domaine en Afrique et en Asie notamment, ce qui est développé dans ce document.

Pour l’Europe le constat est clair : il faut nous « engager pour une prise en charge de qualité qui aboutira à la désinstitutionalisation des enfants ». En clair, tout devrait être fait pour éviter que ce soient les institutions qui prennent en charge les enfants plutôt que les parents, cela malgré les difficultés.

« De plus en plus de gouvernements sont confrontés à la nécessité de réformer et de restructurer leur système d’aide sociale et de protection pour tous, notamment pour les enfants, en tenant compte à la fois des droits de l’homme, des besoins individuels, des arguments et expériences transmises par les professionnels, des ressources restreintes et des considérations financières. …/…  « Le climat d’austérité actuel a augmenté la pression liée à l’évaluation de la manière dont l’argent public est dépensé, notamment l’efficacité, l’efficience et les résultats. Des pays ont fait des choix très difficiles de restrictions budgétaires, principalement en matière de santé, d’éducation et de services sociaux, malgré les besoins croissants et les problèmes sociaux survenus pendant la crise.« .

Le rapport appuie là où cela fait mal : « De nombreux pays ont des systèmes de protection de l’enfant qui dépendent excessivement d’une prise en charge institutionnelle, malgré les preuves scientifiques écrasantes des effets néfastes d’une telle prise en charge sur le développement émotionnel, physique, mental et social des enfants, les mauvais résultats et les coûts très élevés.« 

« La désinstitutionalisation et l’investissement dans des solutions au sein d’une famille ou de la communauté » est un processus qui consiste à renforcer les familles, à prévenir le risque de leur effondrement.. Il nous faut une grande rigueur et de l’imagination pour que nus soyons en capacité de mettre en place des formes plus appropriées de prise en charge alternative pour les enfants et de réintégration familiale.

Une situation encore plus difficile pour les enfants des migrants : Un chapitre de cette résolution aborde cette question mais en traitant par l’exemple la situation en Amérique du Nord. Or ce qui se passe en Europe actuellement devrait être particulièrement regardé. l’augmentation du nombre d’enfants migrants et de leurs familles a été rapidement qualifiée aux Etats Unis de « crise humanitaire ».

les auteurs de ce rapport estiment que « les politiques et les services destinés à protéger les enfants doivent adopter une approche systémique et bien articulée; avec un organisme directeur qui coordonne les institutions du système, une approche décentralisée au niveau départemental et municipal, un niveau important de participation des organisations de la société civile et des organisations de l’enfance et enfin la présence d’un organisme de protection des droits indépendant qui garantisse la mise en œuvre et l’exigibilité des principes de la Convention relative aux droits de l’enfant ; et enfin, une allocation budgétaire appropriée pour l’application de programmes qui s’attaquent aux causes de la migration clandestine des enfants ».

En France comme un peu partout en Europe, la situation des enfants reste assujettie à l’émotion provoquée lorsqu’un drame survient. Les institutions au nom du risque minimum continuent d’intervenir en disqualifiant les parents souvent considérés indignes de s’en occuper. Aller à contre courant de cette opinion reste difficile à tenir. Et nous mêmes travailleurs sociaux, somme nous nous même convaincus que la place d’un enfant reste éminemment auprès de son père et de sa mère ? N’utilisons nous pas les quelques situations dramatiques où la séparation est nécessaire pour en justifier d’autres au nom du risque zéro et n’avons nous pas tendance à les généraliser ? En tout cas la question mérite d’être posée.

le lien est ici pour accéder à ce rapport en français 

Photo : Shauna Hawkins  « Family Fun »  Certains droits réservés

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s