18 réflexions au sujet de « Ce que nous a appris la disparition de Jacques Gasztowtt, éducateur spécialisé. »

  1. émue par ces mots, cette description tellement juste de notre réalité de travail au quotidien. Toutes mes pensées sont tournées vers la famille de Jacques Gasztowtt pour cette tragédie, ainsi que tous les TS qui oeuvrent au quotidien dans des conditions de travail trop souvent méconnues et pourtant si difficile à gérer parfois..

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  2. Merci pour vos écrits dans lesquels je me retrouve pleinement. Votre analyse et votre recul sont précieux en ce temps ou l’émotion pour ma part brouille un peu ma pensée et m’empêche d’écrire… Je suis un peu lasse en ce moment même si je reste convaincue que ces métiers nous font gagner en humanité et plus que jamais nous devons les préserver et les défendre au service du bien commun… Même si actuellement nous pouvons sérieusement nous questionner sur ce qui fait sens commun. Les travailleurs sociaux ne savent pas très bien rendre audible et partager leur travail. Peut-être devrions nous nous inspirer de certains lobbyistes ! Au besoin, je me rendrai disponible pour le département du Haut Rhin si il est question de réfléchir à la création de collectifs, d’actions

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    1. Malheureusement, il faut qu’il y ait un drame pour pour que l’on s’exprime sur le malaise des TS, mais surtout sur celui des éducateurs de terrain. Et l’on s’entend encore dire que « nous ne savons pas très bien rendre audible et partager notre travail ». Est-ce que quelqu’un se pose la question de savoir si notre avis est bien pris en compte et comment notre travail de terrain est considéré ?
      En tant qu’éducatrice de terrain depuis 20 ans, j’ai été dans des situations dangereuses et malgré tout, j’ai du (sur demande des travailleurs sociaux de « bureau » ou des juges) me rendre non pas en visites médiatisées, mais en visites à domicile…chez des parents connus pour être potentiellement dangereux (alcoolisés, drogués ou ayant déjà fait preuve de violences physiques). Comment pouvons-nous encore rendre compte de la pénibilité, voire de la dangerosité de notre travail de terrain ? Je me rendrai également disponible pour le département du Haut-Rhin si enfin une réflexion se mettait en place.

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  3. En tant qu’assistante familiale j’adhère complètement à cette réflexion si bien écrite dont le moteur déclenchant a été malheureusement ce drame à Nantes.
    Je me bats depuis bientôt deux ans pour mettre en place un travail de prévention sur la parentalité car pour moi, en dehors des parents malades et relevant d’un suivi psychiatrique, notre travail social ne doit pas commencer à soigner les maux mais à proposer notre travail avant que des parents en arrivent à telle situation et que tout le monde soit mis en danger.

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  4. Je suis assistante familiale et je travaille avec des assistantes sociales et des éducateurs et je vois le travail qu’il fournissent avec des situations plus ou moins dangereuses pour aider ses enfants livrés au bon vouloir d’un juge . A quoi servent les rapports travaillés en équipe? Combien de mort encore?

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  5. Merci pour ce récit qui retrace pleinement la réalité de notre métier, métier que nous avons choisi par conviction ! Toutes mes pensées vont à la famille de cet éducateur, ce collègue à qui je pense! Vous avez bien raison: nous devons davantage nous mobiliser pour faire avancer le travail social les institutions et améliorer notre qualité de travail et celle des personnes que nous accompagnons !

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  6. Bonsoir,

    Je suis éducatrice et j ai subi une agression verbale assez violente pour me mettre KO de la part d un parent et la réponse de ma direction est : il faut comprendre le papa est déficient … Et cela fait parti de votre métier et des RPS ( le nouveau mot à la mode)
    Mais est çe normal de se faire agresser avec intimidation pendant 10 minutes et sentir que si je bougeais un coup pouvait partir surtout au vue du passif …
    Non je ne comprend pas pourquoi la loi et les règles qu on essaie d inculquer aux jeunes s arrêtent à la pseudo déficience du parent … Non je ne comprend pas pourquoi on me manque de respect autant par çe parent que par ma direction … Non je ne comprend pas. … On travaille avec de l humain pas avec des tirelires sur jambes. 😦
    J avoue que je n ai jamais eu aussi peur de ma vie,
    J avoue qu il devient dur de faire notre si beau métier dans des conditions oû même les politiques, ministère… Nous oublient et referment les robinets.

    Je pense que tout travailleur social aurait pu être cet héros qui a donné sa vie pour en proteger d autres.
    Sincères condoléances à sa famille.

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  7. Les employeurs ont l’obligation de protéger leurs salariés. Ils peuvent être poursuivis pénalement s’il leur arrive quelque chose et que rien n’avait été mis en place pour l’éviter, ou insuffisamment.
    Dans un autre domaine que le social, un employeur (d’une scierie) a été récemment condamné à 4 ans de prison ferme suite à l’amputation de doigts d’un salarié.

    Il y a encore malgré tout des employeurs qui mettent en place un certain nombre de protections et proposent un dispositif de soutien en cas d’agression, même « seulement » ^^^^ verbale.
    Vous pouvez voir avec un syndicat pour qu’un travail en ce sens se mette en place avec l’employeur.
    Pour ma part, je trouve que les personnes extérieures au social ont souvent des réactions plus saines face à ces agressions dont nous pouvons être victimes que des TS ou ex-TS.
    On se culpabilise nous-mêmes, et il arrive que la hiérarchie directe fasse de même. c’est inadmissible. Alors que j’entends des « non-sociaux » réprouver fermement cela sans tenter de sous-entendre que c’est de la faute du TS si une personne accueillie a réagi de telle ou telle manière.

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  8. Titulaire d’un BTS ESF j’ai fait le choix de me ré-orienter vers l’insertion socio-prof.
    Mes valeurs, convictions, personnalité n’étant plus en phase avec le « social » pur.
    J’évolue pour autant dans le champ de l’action sociale et confronté ,en partie bien, a la dure réalité Parfaitement décrite ici …
    Ce « fait divers » qui n’en ai pas un, le silence radio, le diagnostic longtemps établi, l’inaction, … La lente agonie d’un système pourtant au coeur de notre avenir ! Les futures générations !
    De tout coeur avec es proches de ce Héros et avec les professionnels sur le terrain …

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  9. « Être travailleur social, ce n’est pas une procédure, c’est une posture » c’est un engagement , c’est un risque permanent aussi.

    Éducateurs, mes amis, mes enfants, à l’age où je vais bientôt partir à la retraite,

    – vous devez prendre soin de vous et les uns des autres car vous êtes un rouage indispensable à notre société en étant les portes paroles et les protecteurs des enfants, les personnes handicapées, toutes les personnes fragilisées par la vie,

    -je vous demande de vous mobiliser et vous regrouper pour mettre en lumière le fait que notre société les protège un peu moins à chaque fois que des moyens d’action vous sont retirés

    -je vous demande d’exiger de la formation, de la réflexion pour continuer à être, au mieux, prêts à recevoir cette détresse des autres

    -je vous demande de vous battre pour être entendus comme les meilleurs observateurs du délitement des relations sociales et de la violence sociale que vivent les plus démunis

    Amis éducateurs ne baissez pas les bras, ils ont besoin de vous, la société à besoin de vous, de votre action pour protéger, de votre révolte pour avancer.

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    1. je vous demande de vous battre pour être entendus comme les meilleurs observateurs du délitement des relations sociales et de la violence sociale que vivent les plus démunis

      Amis éducateurs ne baissez pas les bras, ils ont besoin de vous, la société à besoin de vous, de votre action pour protéger, de votre révolte pour avancer.

      Merci monsieur Sauzet pour votre commentaire. Ma fille est Educatrice Spé et rencontre également de graves difficultés dans son travail. Ce que vous écrivez est très touchant et malheureusement VRAI. Merci

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  10. Bonjour, bravo et merci pour cet article. Ca fait 15 ans que je travaille dans le social, 9 en tant qu’éducateur spécialisé dans la protection de l’enfance. J’ai toujours aimé l’humain et travaillé à son développement par l’entraide. Mais je serai le rat qui va quitter le navire. Je ne supporte plus, simplement en travaillant, de soutenir un système que je ne cautionne pas. Il n’y a presque plus d’humain dans le social. Par la vision politique à court terme disant que ça coûte cher alors qu’ils entretiennent le marasme de la misère social pour assoir un meilleur contrôle de population et sachant qu’en n’éduquant pas le déficit sera bien plus lourd 10 ans plus tard. Mais ils pourront s’en servir comme étendard pour nous dresser les uns contre les autres un peu mieux qu’aujourd’hui…
    Moi je prends congé avant le burn out !

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    1. Il est des endroits, rares certes, où l’humain a encore sa place, où les référentiels technocrato-industriels qui quadrillent, qui « pixelisent » aujourd’hui la majorité des services d’aide à la personne, où ces exigences ingénio-managériales n’ont encore rien gangrené. (A lire si ça vous intéresse, « Trop de Gestion tue le Social » Michel CHAUVIERE
      Ne lâchez pas, cherchez, créez…

      Quant à l’idée de nous mobiliser, de nous regrouper, de nous … Battre…
      J’ai cessé de rêver personnellement mais un grand merci pour la reconnaissance que vous accordez à notre boulot, à notre pratique et pour le regard que vous portez sur les exigences de notre posture éthique.

      PS : Les rats quittent le navire lorsqu’ils savent qu’ils vont crever s’ils y restent, alors tant qu’à faire, mieux vaut sauver sa peau**, quitte à s’installer sur un navire moins dangereux.

      A nos arches citoyens ???

      **Henri LABORIT, Eloge de la Fuite, si jamais…

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  11. Bravo pour ce texte,

    Je suis assistante sociale et je suis d’accord avec tous les mots écrits.
    Ma question est « jusqu’à quand devons nous accepter? »
    Les professionnels usés s’en vont, des jeunes « fraichement moulés » arrivent… Le problème est étouffée.

    La paix sociale de ce pays s’achète t’ elle au prix de nos vies?

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  12. je rejoins tout à fait les commentaires et j’ai également une pensée pour ce collègue qui a fait simplement son boulot. Plus les situations sociales se dégradent, plus les travailleurs sociaux sont malmenés, et c’est bien souvent nous qui sommes au front pour faire passer des décisions difficiles pour les usagers. Pourquoi ne pas faire des états généraux des travailleurs sociaux en parallèle des états généraux du social. Mobilisons-nous.Je suis également partante sur le Haut-Rhin.

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