12 propositions pour accompagner les plus vulnérables face à la crise sanitaire

Soutenir Accompagner Protéger sont les 3 verbes utilisés par le Conseil National des Politiques de Lutte contre la Pauvreté et l’Exclusion pour tenter de répondre à la crise actuelle qui touche les personnes et les familles vulnérables. Cette instance vient de remettre un rapport au premier ministre où elle fait 12 propositions.

Ces propositions sont le fruit du travail mené depuis juin par les membres du CNLE, et notamment par le collège des personnes concernées. « Il était important que ceux qui sont directement touchés par la pauvreté et par la crise puissent peser dans le débat public et faire entendre leur voix » explique Fiona Lazaar, la présidente du CNLE qui a remplacé Etienne Pinte.

« Ces 12 propositions sont des propositions concrètes, opérationnelles. Elles visent à contribuer de façon immédiate au plan de relance du pays, qui doit prendre toute la mesure de l’urgence sociale pour réussir » précise Fiona Lazaar

Tous constatent que la crise sanitaire  qui frappe notre pays depuis février 2020 s’est transformée en crise économique et sociale. « Elle a particulièrement touché les personnes les plus pauvres, les plus isolées et les plus vulnérables, malgré les mesures exceptionnelles qui ont pu être prises pour la contenir ». explique le CNLE.

Certes notre protection sociale a de grandes qualités notamment quand on la compare à celle d’autres pays mais certains de ses aspects ont montré des insuffisances notamment pour la population la plus pauvre. 2 aspects posent problème selon le Conseil National : 1. Le système des allocations et services est trop complexe et génère des disparités. 2. les interventions des acteurs – État, associations, partenaires sociaux – ne sont pas bien articulés tout comme la coordination avec les collectivités territoriales. La crise sanitaire a mis en exergue ces 2 aspects.

Des ressources convenables d’existence, un logement perenne, de nouveaux « droits sociaux universels »

Il faut pouvoir pallier les manques de ressources pour ceux qui, ne bénéficiant pas de contrat de travail de droit commun ni d’une allocation de chômage, n’ont pu être touchés par les mesures exceptionnelles mises en place et ne bénéficieront pas de leur prorogation. D’où l’importance des propositions qui entourent la revalorisation des minimas sociaux, notamment le RSA, qui certes a fait l’objet d’un rattrapage de 10 % entre 2013 et 2018 pour atténuer son décrochage sur la période antérieure. A cet égard le CNLE propose que ces dispositifs soient ajustés en fonction de l’évolution moyenne des revenus et non pas de l’inflation.

Il est aussi demandé de pérenniser ou d’étendre les bonnes pratiques qui ont pu voir le jour dans le contexte des solidarités rendues nécessaires par le confinement. Cela concerne notamment la systématisation des mises à l’abri sous forme d’hébergement social, impliquant d’activer en aval les capacités de logement pérenne et dans le champ du logement aidé.

Il faudrait ouvrir de nouvelles voies aux droits sociaux universels. Cela  dans l’esprit de la loi de 1998 de lutte contre les exclusions qui faisait de l’accès à ces droits le levier principal de la lutte contre la pauvreté.

Les 12 propositions remises au premier ministre

  1. Revaloriser les minimas sociaux
  2. Renforcer les mécanismes d’aide au logement à destination des personnes modestes pour lutter contre le mal-logement et contre le non-logement
  3. Résorber la fracture numérique avec la création d’un forfait d’urgence illimité et d’une tarification sociale du numérique
  4. Renforcer le soutien public aux associations, notamment de grande proximité
  5. Créer un véritable droit à l’accompagnement ouvert à tous les jeunes, sans limite de temps, assorti d’une allocation de ressources accessible dès 18 ans au regard de la situation du jeune
  6. Renforcer l’accessibilité des services publics à travers notamment le développement des actions «d’aller vers» à destination des publics dits «invisibles»
  7. Mettre en place un plan national de « raccrochage scolaire » pour lutter contre les effets du confinement sur la continuité éducative
  8. Sécuriser la situation administrative des personnes migrantes en facilitant l’obtention d’un titre de séjour ou la naturalisation de celles qui ont été à l’œuvre durant la crise
  9. Pérenniser les équipes mobiles sanitaires et réactiver les centres de santé dédiés au Covid-19 en cas de reprise de l’épidémie
  10. Supprimer les délais de carence pour l’accès à l’aide médicale d’État et à l’Assurance maladie, en particulier pour tous les tests et soins relatifs à l’épidémie de Covid-19
  11. Lutter contre le non-recours en santé en attribuant automatiquement la complémentaire santé solidaire aux allocataires du RSA
  12. Pérenniser les actions de distribution de masques gratuits et de gel hydro-alcoolique aux publics les plus précaires

On le voit, toutes les demandes  ou presque ont un coût ou un impact qui nécessite un véritable engagement financier du gouvernement qui en aidant les entreprises, les salariés et entrepreneurs n’a pas suffisamment pris en compte les besoins des plus exclus. Il parait essentiel qu’il le fasse assez rapidement.

Télécharger ici l’avis du CNLE « Soutenir, accompagner, protéger – 12 propositions pour accompagner les plus fragiles face à la crise »

 

Photo : Fiona Lazaar présidente du CNLE publiée sur le site du CNLE

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